Tsunami Emotionnel

Publié le par Aël

 

Le son du tambour m’amène vers la page blanche. Le tambour me traverse à chaque fois que je l’entends et rallume la flamme qui vivote dans mon cœur, secoue toutes les cellules de mon corps pour les réveiller et me rendre vivante. Je ressens les frissons de l’énergie qui me transperce de la tête aux pieds.
Aujourd’hui est un jour de blues face à une réalité de la vie que j’ai du mal à assumer. Nous sommes en plein changement économique, ce qui se profile à l’horizon effraie mon mental et je cherche un endroit pour venir me réfugier. 
 
Cet endroit, c’est cette page, comme à chaque fois que je suis perdue, triste ou en colère et que j’ai besoin d’évacuer. Hier soir, on m’a presque fait le reproche de ne pas exprimer mes émotions, du moins c’est comme cela que j’ai accueilli cette remarque sur mon mode de fonctionnement, comme un reproche même si cela n’en était peut-être pas un. Ma sensibilité m’oblige à prendre du recul face à ce que j’entends et comprends de la bouche des autres. 
 
Une discussion à trois dans un pub sur les relations, les émotions, la vie, la façon dont chacune l’appréhendait, la façon dont chacune réagissait face à la réalité. Une discussion qui m’a chavirée au point d’avoir très mal dormi. La fatigue m’a envahie, fatiguée de la vie, fatiguée de devoir paraître "normale", fatiguée de faire des efforts pour être comprise, fatiguée d’être en lutte avec moi-même et les autres. 
 
Depuis hier soir je n’ai pas pu exprimer cette douleur de me sentir à côté de la plaque, seul le tambour m’a extirpé les larmes de tristesse qui m’oppressaient.
Pourquoi je n’exprime pas mes émotions m’a-t-on demandé ? Parce que je n’en vois pas l’intérêt, ai-je répondu…
Exprimer pour quoi faire ? Pour entendre un jugement ? Pour entendre une réponse inadéquate ? Pour me heurter à un mur d’incompréhension ?
Exprimer pour quoi faire ? Pour satisfaire les inquiétudes des autres ?
Exprimer pour quoi faire ? Pour avoir un retour extérieur ? Mais je ne veux pas de retour extérieur… 
 
Je veux juste exprimer comme je le fais par écrit. J’ai cette liberté sur la page blanche de pouvoir dire tout ce que je veux, sans être interrompue, sans être jugée, sans être jaugée, sans blesser, sans entendre des réponses qui me déplairaient…
Juste laisser aller mes émotions, les laisser respirer, les laisser vivre, les laisser passer sans les retenir, juste les laisser être. C’est tout ce que je demande, laissez-moi ÊTRE simplement. Pour pouvoir laisser libre cours à mes émotions, il faut pouvoir trouver l’espace pour le faire. Parfois des oreilles attentives sont là juste pour écouter et ne pas répondre, mais ces oreilles-là sont extrêmement rares, car on a toujours l’impression que lorsque quelqu’un confie ses angoisses, sa tristesse, sa colère, il attend du réconfort, un mot, une phrase. C’est peut-être vrai pour certains, ce n’est pas mon cas. 
 
Maintenant, pour ceux ou celles qui veulent entendre mes émotions, retrouvez-moi sur mon chemin. Sur ces pages  vous pourrez entendre tout ce que vous voulez, même ce que vous ne voulez pas, je ne demande qu'une chose, le respect … Lisez autant que vous voulez, mais respectez ces mots car ils sont sacrés…
L’écriture est le refuge de mon âme, je l’entends me supplier de rentrer à la maison, car elle a besoin de moi. Alors je vais essayer de rentrer tous les jours, m’organiser en fonction de mon emploi du temps pour passer une heure ou deux sur ces pages qui m’attendent. Je passerai moins de temps sur Facebook, cela tranquillisera aussi ma tête qui s’emballe face aux nouvelles économiques et politiques, car nous allons droit sur un changement qui ne laissera pas indemne la plupart de la population. Je sens, je sais intérieurement qu’il faut que je me calme, que je protège ma sérénité, ma sensibilité épidermique… d’ailleurs je ne supporte aucun contact physique en ce moment… Et j’attire forcément les gens tactiles ! On attire tout ce qu’on repousse n’est-ce pas ? Ceci est très clair pour moi ces derniers temps.  J’en ai mal au ventre…
 
Je me suis mise à courir seule, je ne supporte plus non plus de rencontrer autant de monde lors des entraînements. Je courais seule avant 2012 et j’ai besoin de retrouver ce contact avec mon âme, seulement moi avec la nature pour me délester de tous mes boulets, un pas après l’autre, pour forger mon mental à l’endurance et à la persévérance, pour trouver le courage de vivre dans cette société qui me convient de moins en moins. Plus je cours, plus je trouve la force d’avancer, plus j’ai envie d’écrire, plus j’écris, plus je m’allège, plus je cours vite, mes jambes sont mes ailes… on m’a coupé celles que j’avais dans le dos, mais elles ont poussé ailleurs.
 
La discussion d’hier soir m’a bouleversée alors qu’elle n’avait l’air de rien et pourtant… ce midi encore, j’ai du mal à digérer, j’ai mal au dos, mon corps me parle comme pour me dire "qu’est ce que tu attends pour vivre comme tu l’entends et non pas comme l’attendent les autres ?", mon dos me dit : "arrête de porter ce qui ne t’appartient pas".
 
Je vais aller courir 14 km tout à l'heure, au moins je vais pouvoir respirer et détendre mon plexus compressé, faire circuler le souffle de la vie dans toutes mes cellules pour libérer les tensions.
 
AËL
 

Publié dans Journal 2017

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